Réunie à Saly-Portudal, dans le cadre du Sommet ouest-africain de la conformité, ouvert hier lundi et devant se dérouler pendant uatre jours, pour la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) prône une riposte collective et technologique contre le blanchiment et le financement des capitaux.
La transformation digitale des économies ouest-africaines n’est pas qu’une aubaine pour les investisseurs. Elle peut aussi constituer un terreau fertile pour les réseaux criminels qui se professionnalisent et exploitent les failles des systèmes traditionnels. C’est le cri d’alarme lancé, hier lundi à Saly, par la Représentante-résidente de la CEDEAO au Sénégal, Zelma Yollande Nobre Fassinou.
À l’ouverture du Sommet ouest-africain de la conformité 2026, organisé par le GIABA, la diplomate n’a pas mâché ses mots : les méthodes de Lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et de la prolifération (LBC/FT/FP) sont à revoir de fond en comble. « Les approches traditionnelles ne suffisent plus face à la sophistication des actifs numériques et des circuits financiers », a-t-elle martelé devant un parterre de régulateurs et d’experts venus de toute la région, y compris de l’Alliance des États du Sahel (AES).
« FAIRE DE LA CONFORMITE UN LEVIER STRATEGIQUE »
Placées sous le thème ambitieux « Transformer la conformité : intégration de la gouvernance, de la gestion des risques d’entreprise et de la LBC/FT/FP à l’ère de la technologie », les assises de quatre jours ambitionnent de sortir des sempiternelles obligations déclaratives pour embrasser une approche proactive.
Pour la CEDEAO, l’enjeu est existentiel. La libre circulation des personnes et des capitaux, colonne vertébrale de l’intégration régionale, ne pourra survivre à l’insécurité financière. « L’harmonisation des cadres réglementaires reste une priorité stratégique », a rappelé Mme Fassinou, plaidant pour des dispositifs communs capables de contrer les flux illicites sans entraver les échanges légitimes. La responsable a profité de la tribune pour saluer le travail du GIABA, qualifié de « bras opérationnel » de la CEDEAO dans cette lutte, les efforts constants en faveur de l’intégrité financière régionale.
L’IA ET LA DONNEE AU SERVICE DE LA RIPOSTE
Si la menace est numérique, la réponse doit l’être aussi. La représentante de la CEDEAO a mis en avant le potentiel de l’intelligence artificielle (IA), de l’analyse avancée des données et des systèmes automatisés de surveillance. « Ces outils sont prometteurs, mais ils ne valent rien sans une gouvernance solide et une culture de l’éthique affirmée », a-t-elle tempéré, mettant en garde contre une technicité aveugle qui oublierait la responsabilité humaine.
Au-delà des discours, les participants sont attendus sur des recommandations concrètes. L’objectif affiché est clair : aider les États membres à aligner leurs dispositifs sur les standards internationaux du GAFI tout en consolidant les politiques régionales.
En guise de conclusion, Mme Zelma Yollande Nobre Fassinou a formulé le vœu que les échanges de cette édition 2026 débouchent sur des « solutions opérationnelles ». Un souhait partagé par tous les professionnels de la conformité présents à Saly, conscients que dans la course contre la montre face aux criminels financiers, le temps n’est plus aux ajustements cosmétiques, mais à une véritable métamorphose régionale.





