Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a défendu avec vigueur la révision constitutionnelle adoptée par les députés, tout en répondant aux critiques sur sa prétendue « paternalité ». Se présentant comme « un témoin privilégié de tout ce processus depuis le début », il a retracé la genèse du texte, affirmant que les dispositions votées découlent d’un engagement politique porté par PASTEF depuis 2014.
Selon lui, les réformes « ont traversé tout le parcours politique », des législatives de 2017 à la présidentielle de 2024, en passant par le dialogue national sur le Système politique initié par le chef de l’État en mai 2025. « Il n’y a pratiquement pas une seule disposition de cette réforme constitutionnelle qui n’ait été consacrée par ce dialogue politique », a-t-il insisté, rejetant les accusations selon lesquelles le texte aurait été élaboré sans concertation.
Ousmane Sonko a rappelé qu’après les travaux conduits par le comité dirigé par le Dr Cheikh Guèye, un groupe d’experts composé notamment du professeur Babacar Guèye, du juge Souleymane Téliko et de représentants de la Direction générale des élections (DGE) avait rédigé les projets de texte. Il affirme ensuite avoir reçu, sur instruction du président Bassirou Diomaye Faye, une clé USB contenant ces propositions afin de mettre en place un comité chargé de les affiner durant plusieurs mois.
« Me dire que ces textes sont tombés du ciel, c’est faire de la désinformation », a-t-il lancé, avant d’accuser le chef de l’État d’avoir ensuite modifié le contenu des propositions. « S’il y a tripatouillage, ça vient du président de la République », a-t-il déclaré, estimant que ce dernier a retenu uniquement les dispositions qui lui convenaient.
Pour le président de l’Assemblée nationale, « le président n’est pas un pouvoir constituant » et ne peut modifier seul une réforme issue du dialogue politique puis adoptée par la représentation nationale. Il soutient que le vote à la majorité qualifiée des trois cinquièmes « réalise à la fois l’adoption et l’approbation » du texte, conformément à la jurisprudence du Conseil constitutionnel.
C’est pourquoi Ousmane Sonko annonce qu’il transmettra officiellement la loi au chef de l’État, sans lui demander de convoquer un référendum. « Je demanderai au président de la République de promulguer cette loi, de la promulguer simplement et purement », a-t-il affirmé, jugeant qu’un scrutin populaire serait inutile sur des dispositions déjà validées par le Parlement.
En conclusion, il a lancé un appel à l’apaisement, invitant les Sénégalais à ne pas céder aux tensions. « Rien ne bougera dans ce pays », a-t-il assuré, exhortant les citoyens à « éviter les manifestations bruyantes » et à laisser les institutions suivre leur cours, convaincu que « les lois qui devront être votées seront votées », dans le respect de l’État de droit.
SN/SN





