Dakar a été, ce mardi 27 janvier, le point de convergence des acteurs majeurs du numérique à l’occasion de KNext Dakar 2026, la conférence annuelle organisée par Kaspersky, référence mondiale en matière de cybersécurité. L’événement s’inscrit dans une dynamique de dialogue et de partage autour des enjeux numériques qui touchent le Sénégal et, plus largement, l’Afrique de l’Ouest.

Experts IT, responsables des systèmes d’information, partenaires technologiques ainsi que décideurs publics et privés ont répondu présents à ce rendez-vous stratégique. Objectif : analyser l’évolution rapide des cybermenaces dans un contexte de digitalisation accélérée des organisations africaines, désormais plus exposées que jamais aux risques numériques.

Prenant la parole lors de la conférence, Pascal Naudin, Head of B2B Sales North, West & Central Africa chez Kaspersky, est revenu sur l’identité et le positionnement singulier de l’entreprise sur le marché mondial.
« Kaspersky est une société totalement privée, sans lien avec aucun gouvernement ni capital public. Elle a été fondée par Eugène Kaspersky avec une ambition claire : concevoir et développer des solutions de sécurité performantes », a-t-il souligné.

D’abord orientée vers la protection des particuliers, l’entreprise a opéré, dès le début des années 2000, un tournant stratégique majeur en se concentrant sur les solutions dédiées aux entreprises. « Si l’objectif reste la sécurité, les exigences du monde professionnel vont bien au-delà », explique Pascal Naudin, citant notamment les technologies EDR et XDR, capables d’analyser en profondeur les flux réseaux et les postes de travail afin de détecter et anticiper des attaques sophistiquées.

L’expert a également mis en garde contre une erreur encore répandue : l’usage de solutions grand public dans des environnements professionnels.
« Ces versions ne disposent pas de consoles de management unifiées. Gérer la sécurité machine par machine devient rapidement ingérable dès que l’on dépasse quelques dizaines de postes », a-t-il averti, un constat particulièrement pertinent pour des organisations africaines en pleine transformation numérique.

Autre thème central des échanges : l’intelligence artificielle, devenue un levier incontournable de la cybersécurité moderne. Selon Pascal Naudin, Kaspersky exploite l’IA à différents niveaux, notamment pour analyser des millions de données issues de ses systèmes de protection et identifier des comportements anormaux.

L’IA est également utilisée pour la surveillance du Darknet, espace privilégié des cybercriminels pour l’échange d’informations sensibles. « Les hackers ne connaissent pas de frontières. Leur objectif est financier. Ils lancent des attaques massives, puis exploitent les cibles les plus lucratives », a-t-il expliqué.

Pour le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest, la menace est bien réelle. « Avec la digitalisation, la région fait aujourd’hui face à des problématiques similaires à celles rencontrées par l’Europe il y a une dizaine d’années », observe-t-il.

Fort de plus de 20 ans d’expérience sur le continent africain, Pascal Naudin constate toutefois une évolution encourageante des mentalités. « Il y a vingt ans, la cybersécurité était largement reléguée au second plan. Aujourd’hui, la prise de conscience est réelle, portée par des réglementations de plus en plus strictes qui engagent directement la responsabilité des dirigeants et des responsables informatiques. »

SN/SHN