La 4e édition du Sommet Ouest Africain sur la Conformité a officiellement débuté hier, lundi 29 juin 2026, à Saly-Portudal, en présence de hautes personnalités du secteur financier et de la lutte contre la criminalité économique. Placé sous le thème « Transformer la conformité : intégration de la gouvernance, de la gestion des risques d’entreprise et de la LBC/FT/FP à l’ère de la technologie », ce forum de quatre jours réunit les acteurs majeurs de la conformité de la sous-région.
Dans son message de bienvenue, Madame Khadidjatou Faye Fall Diop, Secrétaire générale (SG) de la Cellule Nationale de Traitement des Informations Financières (CENTIF) du Sénégal, représentant le président de l’institution, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, a salué l’engagement des participants et souligné l’importance de ce rendez-vous annuel, devenu un espace incontournable pour échanger sur les défis professionnels liés à l’intégrité. Dans son allocution, Mme Diop a dressé un constat sans appel : l’évolution rapide des technologies, notamment l’intelligence artificielle (IA) et la cybercriminalité, impose une refonte des approches traditionnelles de la conformité. « La conformité n’est plus une simple contrainte juridique, mais un pilier de confiance, un rempart face aux risques et un avantage concurrentiel majeur », a-t-elle martelé.
C’est pourquoi elle a insisté sur la nécessité de : l’intégration stratégique de la gouvernance et de la gestion des risques d’entreprise (GRE) avec les dispositifs de Lutte contre le blanchiment de capitaux et le Financement du terrorisme (LBC/FT/FP) ; l’utilisation de la technologie comme catalyseur, via l’analyse de données en temps réel et la RegTech, pour automatiser les contrôles et anticiper les menaces ; l’agilité humaine, en insistant sur la formation et la valorisation des équipes, car « la technologie ne remplacera jamais l’esprit critique ».
Madame la SG a également rappelé que le Sénégal, après le Ghana, a entamé depuis janvier 2026 son évaluation mutuelle dans le cadre du 3e cycle du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest (GIABA). Une visite sur site des experts est prévue en août prochain, tandis que le rapport final sera discuté en mai 2027. Dans cette perspective, le pays a réalisé, en juillet 2025, sa troisième évaluation nationale des risques, après celles de 2017 et 2022, et a noté une progression des infractions liées à la cybercriminalité. « Je félicite l’ensemble des secteurs impliqués – autorités de contrôle et assujettis – pour leur abnégation afin que le Sénégal réussisse cette évaluation », a-t-elle déclaré, avant de remercier le GIABA pour son accompagnement constant.
Durant ces quatre jours, les participants sont invités à débattre des meilleures pratiques en matière de gouvernance, de gestion des risques, de nouvelles réglementations et de protection des données. L’objectif affiché est de construire des systèmes de conformité « robustes, agiles et pérennes » face à des menaces financières toujours plus sophistiquées. Le Sommet se veut ainsi un véritable laboratoire d’idées, où le partage d’expériences et la réflexion collective doivent aboutir à des solutions concrètes pour l’ensemble de la sous-région.
SN/SHN




