Réunis à Dakar, le vendredi 27 mars, pour leur première session ordinaire de 2026, les ministres des Finances de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA) ont ouvert les travaux par un appel à l’audace collective face aux turbulences mondiales, dans un contexte marqué par une croissance régionale portée à 6,7% et une inflation ramenée à zéro.
C’est au siège de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), à Dakar, que les ministres de l’Économie et des Finances des États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont tenu, cette semaine, leur première session ordinaire de l’année 2026. Une rencontre placée sous le signe de l’ambition stratégique, dans un environnement mondial jugé de plus en plus instable.
Présidant les travaux au nom du Burkina Faso, le ministre de l’Économie, des Finances et de la Prospective, Aboubakar Nacanabo, a donné le ton dès l’ouverture. Évoquant des « mutations profondes », tensions géopolitiques, recompositions économiques mondiales, défis sécuritaires et climatiques en Afrique de l’Ouest, il a appelé l’Union à rompre avec une posture réactive pour s’affirmer comme un espace résolument tourné vers l’anticipation. « Notre responsabilité est de faire de notre Union non pas un espace qui subit, mais un espace qui choisit ; non pas un espace qui s’adapte tardivement, mais un espace qui anticipe avec lucidité et audace. »
Sur le plan macroéconomique, les indicateurs présentés lors de la session dressent un tableau globalement favorable. La croissance de la zone a atteint 6,7% en 2025, après 6,2% en 2024, tandis que l’inflation a reculé à 0%, portée par la détente des prix alimentaires et énergétiques. Des performances encourageantes, que les autorités nuancent toutefois au regard de perspectives internationales jugées incertaines.
Face à ces défis, le président du Conseil des ministres a réaffirmé la valeur cardinale de l’unité régionale : « Aucun de nos États ne peut, seul, relever ce défi avec efficacité durable. Notre force réside dans notre unité. » Un rappel qui prend une résonance particulière dans un contexte de recomposition des alliances et de pressions sur les modèles d’intégration régionale en Afrique.
L’ordre du jour de la session est dense. Les ministres examineront les rapports économiques et monétaires annuels de l’Union, les comptes de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), ainsi que plusieurs stratégies structurantes : développement du secteur privé, renforcement de la compétitivité et positionnement de l’UEMOA dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Autant de chantiers qui dessinent la feuille de route d’une Union déterminée à peser davantage sur son propre avenir.
SN/SHN




